Médecinier manioc (source : Manioc). Domaine public

Le manioc

Caraïbes et Amériques

Les premiers habitants de la Martinique et de la Guadeloupe sont venus des terres amazoniennes et se sont établis sur ces îles à partir de 500 ans avant notre ère. Ces Amérindiens (Arawak et Kali'na) appartiennent à la civilisation du manioc amer (Manihot esculenta), une euphorbiaceae vénéneuse. Exemple unique et étonnant d'une civilisation basée sur la consommation d'une plante toxique à l'état naturel qui libère du cyanure lorsque le tubercule est mal préparé. C’est d’autant plus remarquable qu'une variété de manioc non vénéneuse existe : manioc doux (Manihot palmata dulcis) ou ka manioc, parfois orthographié kamanioc ou camanioc, cultivés par les Taïnos des Grandes Antilles. Malgré cette toxicité, il a été largement consommé en Amazonie et dans les Antilles pour plusieurs raisons : il a un rendement très supérieur à celui du manioc doux, il se conserve très longtemps dans le sol et sa toxicité lui permet d’être résistant aux ravageurs.

De nombreux textes, provenant soit des premiers flibustiers, soit des premiers colons arrivant en Martinique et en Guadeloupe, ont fourni des descriptions précises sur la façon dont les Amérindiens ont réussi à transformer le manioc en farine pour produire la cassave (équivalent du pain dans son usage). Les fouilles archéologiques ont également mis à jour des tessons, meules et pilons attestant de la fabrication de la cassave de manioc.

En décembre 2024, la cassave a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO, sur candidature du Venezuela, de Cuba, de la République dominicaine, d'Haïti et du Honduras.

Produits dérivés du manioc : farine, cassave, tapioca, fécule, le cachiri (boisson à base de manioc fermenté), le couac (ou kwac en créole, semoule qui se garde longtemps).

Date de publication : 27 avril 2026